Enfin, il est clair que les Allemands mettent en œuvre leur plan d'attaque plus rapidement que les Français. L’artillerie, pièce maîtresse de ce champ de bataille, est toujours en faveur du côté allemand avec 2 200 pièces à ce moment-là pour 1 800 pièces côté français. Le général Hans von Kluge, qui commandait le groupe d'armée B, et participa lui aussi au complot, avait été artilleur à Verdun en 1917. Entre les 6 et 8 décembre 1915, une conférence interalliée à Chantilly adopte le principe d'une offensive simultanée au début de l'été 1916, entreprise « avec le maximum de moyens » sur les fronts occidental, italien et russe[10]. Avec l'enlisement du conflit, la victoire ne repose désormais plus uniquement sur le jeu des forces militaires : elle dépend aussi désormais des capacités de l'industrie nationale, de la disponibilité du crédit, de la liberté du commerce, de l'état de l'opinion publique et de l'unité politique du pays. Panorama de Verdun, vue prise du fort de la Chaume (1917). ». La rive gauche de la Meuse sera reconquise en août 1917, après les combats du Mort-Homme et de la côte 304. Leur construction unanimiste du discours mémoriel a volontairement omis la critique de la conduite de la guerre ou la vie quotidienne des tranchées. », « Je suis aveugle, dégagez le ciel et éclairez-moi », « Le GQG me donne plus de mal que les Boches », « Les assauts furieux des armées du Kronprinz ont partout été brisés. Le fort de Souville (aujourd'hui totalement en ruine), l'ouvrage de Thiaumont (totalement rayé du paysage), l'ouvrage de Froideterre (qui a bien résisté, bien que les différents organes du fort ne soient pas reliés par des souterrains) permirent à l'armée française de s'accrocher sur la dernière position haute dominant la ville de Verdun. Le général averti par son ordonnance de son affectation, la rejoint aussitôt, il trouve le front stabilisé par le général de Castelnau[37]. De même, les garnisons occupant les forts sont bien souvent réduites à quelques dizaines de combattants, voire moins. En moyenne, on peut compter un obusier rapide de 210 mm tous les 150 m. Ils déploient 13 obusiers Krupp de 420 mm, 17 obusiers Škoda[N 3] de 305 mm, 2 pièces de marine de 380 mm et les munitions en conséquence, environ 2 500 000 obus. Il n'en est pas de même du côté allemand où se sont toujours les mêmes unités difficilement complétées par des renforts qui combattent à Verdun (alors que la bataille s'éternise, l'effet psychologique est désastreux sur ces soldats très éprouvés). Les combattants des deux bords y connaissent toutes les souffrances. Ce n'est qu'à partir de la fin du premier mois des hostilités que l'avancée allemande commence à s’essouffler, alors que le 25 août 1914 Moltke retire le corps de réserve de la garde et le XIe corps d'armée du front occidental pour parer une offensive russe en Prusse-Orientale. Toutefois, il faut encore « nettoyer » la place. Puis, le 24 octobre, trois divisions françaises passent à l’attaque sur un front de sept kilomètres. Consciente de l'urgence, elle est amenée à faire preuve d'une grande agressivité pour éviter l'étouffement économique. La Fondation du patrimoine et le conseil général de la Meuse veulent faire du champ de bataille de Verdun, à la veille des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, une « forêt d'exception », projet de l'Office national des forêts visant à mieux faire connaître et valoriser le patrimoine forestier français[64]. Pétain doit garder le lit. La guerre sera non seulement longue mais aussi meurtrière[8]. C'est une guerre de position, les pertes ont été considérables, pour un territoire conquis nul. Pour le commandement français, dirigé par le général Joffre, la guerre de mouvement reste d’actualité. Le camp retranché de Verdun forme un « saillant » dans le front et est dangereux pour les troupes allemandes. Le 13 juillet, la Grande Retraite se poursuit alors que le commandement allemand est réunifié sous les ordres de Falkenhayn. Cette partie de la forêt de Verdun de 10 000 ha abrite en effet de nombreux lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale et une biodiversité originale : 16 espèces de chiroptères dont des chauves-souris classées dans la liste rouge de la faune menacée nichent dans les ouvrages souterrains, 18 espèces d’amphibiens (crapauds sonneurs à ventre jaune, quatre espèces de tritons crêtés) vivent dans les trous d'obus emplis d'eau et une vingtaine d'espèces d'orchidées (ophrys bourdon, mouche, abeille, orchis négligé) se sont développées spontanément[51]. Le lieutenant-colonel Driant trouve la mort le 22 février dans le bois des Caures. La première phase de l'offensive allemande, sous le commandement du général von Moltke, est une réussite totale : la poussée permet l'occupation de la quasi-totalité du territoire belge et d'une bonne partie du Nord-Est de la France. Un des but est de soulager Verdun, en obligeant les Allemands à y prélever des troupes pour faire face aux Russes. Le bombardement est perçu jusque dans les Vosges, à 150 km[33]. En 1966, année du cinquantenaire de la bataille, il devait déclarer : « La gloire que le maréchal Pétain avait acquise à Verdun ne saurait être ni contestée ni méconnue par la patrie »[63]. Dans chaque secteur, un chef prend le commandement absolu des troupes qui s'y trouvent et la responsabilité de la défense. Ils mettent les moyens pour emporter la décision qui tarde depuis si longtemps. En juillet 1916, 70 des 95 divisions françaises ont participé à la bataille, soit un million cinq cent mille hommes, les soldats restant quatre ou cinq jours en premières lignes, puis la même durée en secondes lignes et dans les villages de l'arrière-front (alors que les soldats allemands restent sur place et voient leurs effectifs complétés au fur et à mesure des pertes)[40]. Membre de la conspiration qui tenta de tuer Hitler en juillet 1944, il tenta de se suicider près du Mort-Homme, mais ne parvint qu'à s'éborgner. Au déclenchement des hostilités, les puissances centrales se trouvent donc encerclées à l'ouest par les forces anglo-françaises et à l'est par les troupes russes. Les Allemands partent à l'assaut après une préparation d'artillerie de trois jours visant le fort de Souville. Médaille de Verdun au lieutenant Brébant du 48e régiment d'infanterie. Cliquez sur une vignette pour l’agrandir. Les combats reprennent aussi sur la rive droite autour du fort de Vaux, de la côte du Poivre ou d'Avocourt. Le discours mémoriel typique brosse le portrait de soldats dont le rôle consiste surtout à survivre — et mourir — dans les pires conditions sur un terrain transformé en enfer, tout cela pour un résultat militaire nul, ce qui en fait le symbole de la futilité de toute guerre industrielle. Dès son arrivée, le 25 février 1916, à minuit le général Pétain, tombe malade, en effet le 26 février il se réveille grelottant avec une toux vive, bronchite diront les uns ou pneumonie diront les autres. Ce fait d'arme est salué avec un grand enthousiasme dans le camps des Alliés de l'Entente. Dernière modification de cette page le 26 octobre 2020 à 22:12. Les 270 pièces d’artillerie françaises tentent de rendre coup pour coup. Le 23 juin, après deux jours de bombardements avec des gaz asphyxiants, les troupes allemandes du Kronprinz passent à l'attaque et s'emparent sur la rive droite des villages de Thiaumont, Fleury et Froideterre. Le général Falkenhayn est toutefois conscient que les méthodes qui ont assuré le succès en Russie ne peuvent mener qu'à la faillite en France. Un semblant de front est reconstitué. Le 18 juin 1916, il fait bombarder le secteur avec des obus au phosgène. Le chef d'état-major de Hitler, le Generaloberst Wilhelm Keitel, servait à l'état-major du 10e corps de réserve, sur la rive droite de la Meuse, pendant l'été 1916. Le plan de Falkenhayn mise sur la faible densité défensive du front russe et sur les problèmes logistiques de l'armée pour pousser le tsar Nicolas II à signer une paix séparée. En 1914, Verdun était à environ 45 km de la frontière entre la France et l'Allemagne. L'amiral Darlan (1881-1942), commandant de la flotte française et vice-président du Conseil du gouvernement de Vichy, était, quant à lui, lieutenant en 1916 ; il servait au sein d'une batterie d'artillerie navale déployée à Verdun. Nombreuses sont les unités qui doivent être entièrement reconstituées à plusieurs reprises ou qui disparaissent. La campagne précédente a démontré que la stratégie adoptée par le haut-commandement russe empêchera les forces allemandes de réussir toute manœuvre d'encerclement. Elle reste un symbole de futilité mais la construction mythologique française d'après-guerre, à travers les cérémonies officielles, les défilés militaires, l'historiographie ou la littérature en a fait l'incarnation du sacrifice consenti pour la victoire[55]. Le 24 octobre, les huit divisions commandées par le général Mangin se lancent à l'assaut et s'emparent des forts de Douaumont (24 octobre) et de Vaux (2 novembre). Parallèlement, de juillet à novembre, les armées britannique et française sont engagées dans la bataille de la Somme, encore plus sanglante. Le 28 août Von Falkenhayn qui a échoué est remplacé à la tête du haut-état major allemand par le général Hindenburg. Selon eux, il s'agit d'une justification imaginée après-coup et le fameux « mémorandum de Noël 1915 » (le Weihnachtsmemorandum) de Falkenhayn envoyé au Kaiser, était un faux rédigé après la guerre[21]. À notre époque, elles ont replacé l’humain au centre de cette histoire et ont mis l'accent sur l'histoire des représentations à travers la culture de guerre (corps et état d'esprit des soldats de Verdun passés du statut de héros à celui de victime, vision de la bataille à l'arrière et chez les civils, survivance de la bataille dans la culture nationale)[5]. L’eau, les vivres et l’artillerie sont en quantité insuffisante. Sur la partie centrale, longue de 15 kilomètres, les Allemands ont installé quarante batteries de 800 canons qui pilonnent les tranchées françaises, sur un front d'environ 30 kilomètres, jusqu'à 16 heures[32]. À trois kilomètres au sud-est de Douaumont se trouve le fort de Vaux. Il y circule plus de 3 000 camions, un toutes les quinze secondes. Avec l'enlisement du conflit et la baisse rapide des stocks des armées, les nations en guerre, en plus de relancer leur commerce et leur industrie, doivent s'assurer de subvenir aux besoins de la troupe et de ceux restés à l'arrière. Mais ce sont sans doute les emplacements des villages détruits qui constituent les vestiges les plus poignants : pratiquement aucune trace ne subsiste de leur existence, seule une petite chapelle s'élève à l'endroit où se trouvait autrefois l'église. Malgré leur échec initial, les Allemands ne renoncent pas à attaquer Verdun. La bataille de Verdun est une bataille qui s'est déroulée du 21 février au 18 décembre 1916 dans la région de Verdun en Lorraine, durant la Première Guerre mondiale. Les Français ne peuvent accéder à la ville que par deux axes venant de Bar-le-Duc : « Le Meusien » un chemin de fer local à voie étroite et la route départementale qui sera par la suite appelée la « Voie sacrée » par l'écrivain nationaliste Maurice Barrès. Ces changements apportés à cette partie du front font remonter le moral de la troupe qui sent en Pétain un véritable chef qui la soutient dans l’effort et la souffrance[réf. Cependant, à chaque fois que les Allemands paraissent arrêtés, le président Raymond Poincaré réclame à Pétain une contre-offensive. Les tentatives de percée se terminent en combats locaux sans importance stratégique. Mais les Allemands n'iront pas plus loin. Tout en libérant une partie du territoire germanique, cette opération devrait attirer dans une sorte de cul-de-sac les réserves françaises et ainsi affaiblir le reste du front qui pourrait alors être de nouveau attaqué avec plus de succès. Ce temps précieux est mis à profit par les forces françaises pour renforcer la position. La bataille de Verdun commence le 21 février par un formidable déluge d'obus qui tombent sur les lignes françaises situées sur la rive droite de la Meuse. » Toutefois, la coopération entre les différents alliés demeure très déficiente ; seuls les Français et les Britanniques réussissent à élaborer un plan commun. La bataille de France ou campagne de France désigne l'invasion des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France, par les forces du Troisième Reich, pendant la Seconde Guerre mondiale.L'offensive débute le 10 mai 1940, mettant fin à la « drôle de guerre ». Le lundi 21 février 1916 à 4 heures du matin, un obus de 380 mm explose dans la cour du palais épiscopal de Verdun. Cela fait dire à Pétain « Le GQG me donne plus de mal que les Boches ». Cette partie du front fut le secteur le plus durement touché de la bataille. Le reste du front français tient coûte que coûte au nord sur la rive droite. Pressentant une arrestation, il se suicide en chemin, peu avant Verdun, entre Clermont-en-Argonne et Dombasle-en-Argonne. L’infanterie prend pied sur le fort le 22 mai, mais en est chassée le 24. Les bois entourant Verdun n'existent plus, mais le terrain est truffé de profonds cratères (les entonnoirs) d'obus qui se sont vite remplis d'eau et dont le contournement ralentit le mouvement des attaquants. Par ailleurs les Allemands pourraient à partir du « saillant de Saint-Mihiel » attaquer aussi les Français par le sud ce qui isolerait Verdun. Le 7 juin, le fort de Vaux est pris par les Allemands. Ces chefs sont de gauche à droite : sur la rive gauche de la Meuse Bazelaire, sur la rive droite de la Meuse Guillaumat, Balfourier, Baret et Duchêne. Les combats se livrent couloir par couloir. Le Ier juillet, les Franco-Anglais lancent l'offensive dans la Somme. Bernard Serrigny, le chef de cabinet de Pétain, raconte dans ses mémoires, que lorsque le télégramme de nomination du GQG arrive à Noailles, Pétain est absent sans avertir personne. De Slag bij Abbeville, een gevecht in mei 1940 wordt ook wel "Slag aan de Somme" genoemd. Ce basculement se poursuit dans la production éditoriale et musicale des décennies suivantes qui voit Verdun relégué au second plan au profit de batailles comme le Chemin des Dames. À la fin de l'année 1915, le haut-état major allemand veut terminer rapidement la guerre, dont l'Allemagne supporte le poids principal dans le camp des puissances centrales. La Triplice, contraction du terme « Triple Alliance », est le nom donné à la veille de 1914 à l'alliance conclue entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie. Quand l'offensive s'arrête le 19 septembre, les forces allemandes occupent Varsovie, Novogeorgievsk, Brest-Litovsk et Vilnius, mais elles n'ont jamais été capables d'encercler les troupes russes, qui se dérobaient toujours vers l'arrière. À la fin de la campagne de 1914, tous les belligérants sont confrontés aux mêmes difficultés économiques. Effectivement, il faut en finir avec ce conflit, car pour lui, le Royaume-Uni cherche à asphyxier les empires centraux dans une guerre d'usure. Tentant alors une percée, De Gaulle est obligé par la violence du combat à sauter dans un trou d'obus pour se protéger, mais des Allemands le suivent et le blessent d'un coup de baïonnette à la cuisse gauche[62]. Le chef des armées prête toute son attention à la préparation d’une offensive importante sur la Somme pour soulager le front de Verdun. En août 1915, la plupart des forts sont désaffectés. Dès le 6 mars ils lancent une offensive sur la rive gauche qu'ils avaient épargnée jusque là. Durant ce temps, 10 000 Français tombent pour garder la cote 304 où les Allemands sont accrochés sur les pentes. Par ailleurs depuis la bataille de la Marne, et la constitution de la poche de Saint-Mihiel, le secteur est relativement « calme ». The British Army in the Great War: The Battles of the Somme… La stratégie adoptée par le haut-commandement allemand, afin de lui éviter de combattre sur deux fronts simultanément, préconise une offensive massive en France. Au centre se trouve la citadelle souterraine de Verdun qui sert de poste de commandement. Capturé par les troupes allemandes, il est soigné et interné. Par une suite ininterrompue d'attaques répétées, il souhaite user l'ennemi dans son ensemble alors que l'armée française compte déjà 600 000 morts dans ses rangs[9]. Communauté d'Agglomération du Grand Verdun. Démis de ses fonctions sur le front de Normandie, il fut convoqué à Berlin. Finalement, le front se stabilise sur une ligne faisant 750 km, de la mer du Nord à la Suisse, en passant par Nieuport, Compiègne, Reims, Verdun et la région de Nancy. Sur un front de six kilomètres, les Allemands sont à quatre contre un. Avec lui, 1 120 hommes tombent. Cette « bataille dans la bataille » va durer jusqu’au 15 mars. Construite en un temps record, elle contribue à la victoire française, en particulier en évitant les transbordements[42]. Falkenhayn masse 72 bataillons d’infanterie dans des abris enterrés (Stollen) et ne prévoit que d'attaquer les forts de la rive droite de la Meuse alors que le général von Knobelsdorf, initiateur de l'opération « Gericht », avait insisté sur l'importance d'une attaque générale sur les deux rives pour « obtenir la forte impression morale désirée »[29]. Deux millions d’obus — un obus lourd toutes les trois secondes — tombent sur les positions françaises en deux jours. Les hommes ne restent que quelques temps en première ligne au contact de l'ennemi, puis ils sont repliés en troisième ligne pour prendre du repos ou sont envoyés combattre ailleurs, dans des endroits moins « infernaux ». Le général Nivelle reçut ensuite la plaque de grand officier de la Légion d'honneur. Malgré la mobilisation générale des troupes, la guerre n'a été jusque-là qu'une affaire militaire. « Les assauts furieux des armées du Kronprinz ont partout été brisés. Description revers : Citadelle de la ville de Verdun entre deux palmes. Pendant neuf heures 1225 pièces d'artillerie de tous calibres se déchaînent et pilonnent un front de 8 km de large. Un certain nombre d'acteurs notables de la Seconde Guerre mondiale ont servi à Verdun, et les témoignages et les récits allemands sur la Seconde Guerre mondiale sur le front de l'Est se réfèrent fréquemment aux souvenirs et à l'expérience de la campagne de Verdun. Devant cet état de faits, Falkenhayn choisit d'adopter une stratégie tout à fait novatrice : au lieu de tenter une rupture sur un endroit particulier du front, il décide d'amener l'armée française au bout de ses ressources matérielles et morales. 14 000 ha de forêts composent aujourd’hui la zone rouge[51]. Alors que les tranchées sont creusées tout le long du front, outre le soldat, c'est toute la société qui s'enlise dans le conflit ; la guerre devient totale. L'écrivain et député de Nancy Émile Driant est mort à Verdun le 22 février 1916. Des troupes et de l’artillerie sont alors prélevées sur le front de Verdun ce qui complique la tâche du commandement allemand sur place. Une expédition de secours est anéantie le 6 juin. Dans le même temps, les sapeurs construisent une nouvelle voie de chemin de fer, à voie normale cette fois, pour desservir Verdun : la ligne 6 bis. Elles sont surtout à l'origine du fort courant pacifiste qui s'installe en France dans l'Entre-Deux-Guerres. Philippe Pétain, fantassin de formation, n'ignore pas que « le feu tue », comme il le répète sans cesse. Peu à peu, l'État prendra donc en charge lui-même le développement de la production et de la distribution des biens ; l'interventionnisme économique atteindra des sommets nouveaux, se rapprochant d'un « communisme de guerre ». Finalement, le commandant Raynal, chef de la place, capitule le 7 juin car les réserves d'eau à l'intérieur du fort sont tombées à zéro[45]. « Les assauts furieux des soldats de Kronprinz ont été partout brisés, écrit-il. Le général Raoul Salan (1899-1984), qui participa au débarquement de Provence et participera à la libération de l'Alsace y gagnant le grade de général de Brigade, connu pour avoir mené le putsch des généraux en avril 1961 à Alger, passa également par Verdun en 1918. Les Allemands ont un temps envisagé d'attaquer dans le sud de l'Alsace, où cette partie de l'Alsace-Lorraine, région de l'empire allemand depuis 1871, a été reprise par les Français pendant l'été 1914. Si tous les États sont confrontés aux mêmes problèmes, ils ne disposent toutefois pas des mêmes moyens pour les surmonter. Surtout Pétain fait tourner les effectifs. Les Allemands sont tout près de Verdun dont ils peuvent apercevoir les spires de la cathédrale. Les Allemands attaquent autour du Mort-Homme, du côté de la rive gauche, du bois des Bourrus, du bois de Cumière et du bois des Corbeaux. Là aussi les Allemands doivent faire face et pour cela ils doivent relâcher leur pression sur Verdun. Les deux files font office de rouleau compresseur et dament les pierres. De ce fait, au moment de la guerre, le nombre de blindés est passé de 3 195 à 2 574 à la veille du 10 mai 1940. Mais depuis la destruction des fortifications de Liège, Namur et Maubeuge par les obusiers allemands, le commandement français ne croit plus aux places fortes, vouées à la perte de leur armement et la capture de leurs garnisons en raison des progrès de l'artillerie. Ils ne peuvent attaquer de front, ni en grands nombre. Le saillant de Verdun se transforme en une innommable boucherie où la sauvagerie l’emporte sur toute sorte de compassion. Néanmoins, l'artillerie de campagne du 6e CA ainsi que des mitrailleurs sortis des niveaux inférieurs du fort de Souville portent un coup d'arrêt définitif aux vagues d'assaut allemandes. Verdun se situe dans le Nord-Est de la France en Lorraine, dans le département de la Meuse, sur le fleuve portant le même nom. Durant l'année 1915, le nouveau commandant en chef des forces allemandes, von Falkenhayn, souhaite concentrer son attention sur le front oriental. Dans le saillant se trouve une double ceinture de 34 forts et ouvrages fortifiés, dont ceux de Douaumont et de Vaux. Une mitrailleuse suffit à bloquer une colonne ou la tête d’un régiment. Comptant sur la supériorité allemande en artillerie lourde, il va employer la méthode du Trommelfeuer (roulement de tambour) : les canons ne tirent pas par salves mais en feu à volonté, ce qui effectue un pilonnage continu. « Verdun, j'y étais ! Sur le front Est, dès le 4 juin, les Russes du général Broussilov ont lancé une offensive en Volhynie. Le chiffre de 250 000 morts français (en comptant les disparus) fut retenu par les associations d'anciens combattants français, après les derniers décomptes et estimations des années 1930. En avril, ils s'élèvent à 525 000 hommes. Les armées s’enterrent. Le 2 mars 1916, le 33e régiment d'infanterie où il sert est attaqué et décimé, anéanti par l'ennemi en défendant le village de Douaumont, près de Verdun. De 1880 à 1914, une seconde ceinture de 43 forts et ouvrages militaires est construite dans un périmètre de 45 km (en font partie le fort de Douaumont et le fort de Vaux). nécessaire]. Après la percée allemande de Sedan et une succession de reculs des armées britannique, française et belge, … À la suite de la contre-attaque française, les deux belligérants tentent réciproquement de déborder le flanc de leur adversaire par le nord : c'est la course à la mer. Cependant l'attaque allemande ne progresse plus. Une grande partie des canons français de gros calibre ont d'ailleurs été déplacés vers la Somme où les Franco-britanniques se préparent au printemps 1916 à une grande offensive destinée à rompre le front allemand sur la Somme. Dans un second temps, il réorganise avec le généralissime Joffre, la logistique. Von Falkenhayn et le kronprinz préfèrent attaquer le secteur de Verdun, où les défenses françaises ont été affaiblies (voir plus haut). La guerre de mouvement est terminée. Le général Herr, chef de la région fortifiée de Verdun, dit lui-même « chaque fois que je demande des renforts d’artillerie, le GQG répond en me retirant deux batteries ! La décision est donc prise de profiter de la position du front, lequel est presque totalement en territoire ennemi, pour y conserver une position généralement défensive. Sur les 95 divisions de l'armée française, 70 y ont participé. Les forts sont réarmés. Le bilan est de 700 000 soldats français et allemands morts, disparus ou blessés. Des poignées d’hommes, souvent sans officiers, s’arment et ripostent, à l’endroit où ils se trouvent. C'est dans cet esprit que sont forgées les légendes patriotiques telles que la tranchée des baïonnettes et le « Debout les morts ! L'armée française se retrouve en quelques jours au bord de la déroute. C’est le début de l’opération baptisée Gericht (mot allemand qui signifie tribunal, jugement et, assez fréquemment, lieu d'exécution[31]) par les Allemands et d'une bataille qui va durer dix mois et faire plus de 300 000 morts et 700 000 victimes. Un mémorial juif y a été ajouté en 1938, un mémorial aux soldats musulmans en 1971. Conscient que Pétain « a fait réaliser à notre armée les plus grands progrès tactiques de toute la guerre », Joffre décide de l'éloigner du champ de bataille de Verdun et de lui donner un front plus vaste à diriger, dans l'espoir qu'il prenne mieux en compte la situation générale. Sur ces positions, les armées françaises et allemandes sont impitoyablement usées et saignées à blanc. Futurs experts du Blitzkrieg, Heinz Guderian et Erich von Manstein ont l'un et l'autre servi à Verdun, le premier à l'état-major de la 5e armée, où il était officier de renseignement adjoint, le second au sein de l'état-major de Gallwitz. Malgré ces succès, l’offensive générale allemande sur les deux rives de la Meuse est arrêtée par les Français. Sinon, la confrontation aurait très certainement eu lieu sur la Somme[25]. Certaines zones ont depuis été déboisées et rendues à l'agriculture, le travail y reste éprouvant, car les socs des charrues continuent d'arracher à la terre d'impressionnantes quantités d'obus non explosés. Malgré tous ces efforts, l'économie allemande est, à différents degrés et tout le long du conflit, en perpétuel état de pénurie. La fédération nationale des Anciens d’outre-mer et Anciens Combattants des Troupes de marine (FNAOM – ACTDM) est une association de type “loi de 1901”. Cette disparition au front lui vaut d'être cité à l'ordre de l'armée[N 7]. Mais cela suppose des déplacements de troupes qu'il faudrait prendre sur la Ve armée commandée par le Kronprinz Frédéric-Guillaume de Prusse qui encercle Verdun depuis l'automne 1914. nécessaire]. Par cette prise, les Allemands ne se retrouvent plus qu'à 5 km de la ville de Verdun, se rapprochant inexorablement. )[N 6] ; 2 millions par les Allemands pour le seul 21 février 1916. Au 21 décembre, la plupart des positions perdues en février sont récupérées par les Français. Le général Pétain fait paraître cette phrase historique le 10 avril 1916, en pleine bataille de Verdun, en conclusion d’un ordre du jour destiné à encourager les combattants. L'état-major allemand, après les difficiles batailles sur l'Yser et à Ypres à la fin de l'année 1914, prend conscience que toutes les percées sur le front occidental ne pourront avoir lieu, dans la guerre nouvelle, qu'au prix de pertes immenses. La portée ainsi augmentée, les canons allemands menacent directement les liaisons françaises entre l’arrière et le front. Ministère de la Guerre, texte de Ardouin-Dumazet, poignée de main de François Mitterrand et Helmut Kohl à Douaumont, La stratégie adoptée par le haut-commandement allemand, bataillon EOR de l'ESM Saint-Cyr Coëtquidan, lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale, Lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale, Souscription nationale pour Verdun, « Forêt d'exception », http://www.fortiffsere.fr/verdun%20intervalles/index_fichiers/Page3935.htm, Ville de Verdun(officiel) : Bataille de Verdun, Considération historique et informations pratiques pour les visiteurs du champ de bataille, Entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, conférence de Kreuznach des 17 et 18 mai 1917, conférence de Hombourg du 13 février 1918, traité de Brest-Litovsk (Empires centraux-Ukraine), https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Bataille_de_Verdun&oldid=178530901, Bataille de la Première Guerre mondiale impliquant la France, Front de l'Ouest (Première Guerre mondiale), Article contenant un appel à traduction en anglais, Page avec coordonnées similaires sur Wikidata, Catégorie Commons avec lien local identique sur Wikidata, Article de Wikipédia avec notice d'autorité, Portail:Première Guerre mondiale/Articles liés, Portail:Époque contemporaine/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence, Victoire défensive française et échec de l’offensive allemande, Tout d'abord, c’est une position stratégique car le saillant se trouve à proximité immédiate du bassin minier et des usines d’, Verdun est une ville mythique pour les Français : elle a subi onze sièges au cours de l'histoire depuis la conquête par. Diplôme décerné au lieutenant Brébant du 48e RI. Il est remplacé à la tête de la IIe armée et du secteur de Verdun par le général Nivelle. De plus, du 4 juin au 20 septembre, l'armée russe est engagée dans l'offensive Broussilov, la plus grande offensive sur le front de l'Est de l'armée tsariste de toute la guerre : elle contraint l'état-major allemand à retirer des divisions sur le front de l'Ouest pour les envoyer à l'Est, ce qui contribue à alléger la pression allemande sur Verdun. Le 13 septembre 1916, la ville de Verdun reçoit la Légion d'Honneur, la Croix de Guerre et plusieurs décorations étrangères. La dernière modification de cette page a été faite le 7 janvier 2021 à 16:04.